• Énergie auto
  • Malus automobile, les seuils à vérifier avant d’acheter

Malus automobile, les seuils à vérifier avant d’acheter

Richard Colas

Richard Colas

|

22 septembre 2026

Une petite voiture rouge est posée sur des pièces de monnaie, symbolisant peut-être le coût d'achat ou le malus 2026.

Le malus 2026 peut transformer le prix affiché d’une voiture en facture beaucoup plus lourde au moment de la carte grise. Le dispositif combine désormais les émissions de CO2 et la masse du véhicule, avec des seuils plus sévères pour les modèles thermiques et certains SUV. Je détaille ici les barèmes, les exonérations, les réductions possibles et la méthode à suivre avant de signer.

Les chiffres à retenir avant d’acheter

  • 108 g de CO2/km déclenchent le malus CO2 en 2026.
  • Le malus CO2 atteint 80 000 € au-delà de 191 g/km.
  • Le malus masse commence à 1 500 kg, avec un tarif pouvant atteindre 30 € par kilogramme.
  • Le total des deux taxes reste plafonné à 80 000 €.
  • Les véhicules exclusivement électriques ou à hydrogène sont exonérés de ces deux malus.

Le malus automobile repose sur deux taxes distinctes

Quand je parle de malus automobile, je distingue toujours deux lignes de calcul. La première concerne les émissions de CO2, relevées sur la carte grise à la rubrique V7. La seconde dépend de la masse en ordre de marche, indiquée à la case G, c’est-à-dire le poids du véhicule avec ses équipements, ses liquides et son conducteur de référence.

Ces taxes s’appliquent principalement aux voitures particulières de catégorie M1. Certains véhicules N1 sont également concernés, notamment les pick-up de cinq places ou plus et, depuis 2026, certains véhicules classés hors route avec au moins cinq sièges.

Le point souvent mal compris est la date retenue. Le barème dépend de l’année de première immatriculation, et non de la date de commande ou de livraison. Une voiture commandée en 2025 mais immatriculée en 2026 peut donc relever du barème 2026.

Le barème CO2 devient rapidement très lourd

Pour une voiture réceptionnée selon les normes européennes, le calcul repose sur la mesure WLTP. En 2026, le malus démarre à 108 g/km avec une taxe de 50 €. La progression est ensuite très rapide, surtout à partir de 150 g/km.

Émissions WLTP Malus CO2 en 2026
Moins de 108 g/km 0 €
108 g/km 50 €
120 g/km 310 €
130 g/km 983 €
140 g/km 2 205 €
150 g/km 4 279 €
160 g/km 8 770 €
170 g/km 22 380 €
180 g/km 45 990 €
190 g/km 76 800 €
191 g/km 79 911 €
Plus de 191 g/km 80 000 €

Une différence de quelques grammes peut donc coûter plusieurs milliers d’euros. À mes yeux, le seuil de 130 g/km est déjà un signal à examiner sérieusement, tandis qu’un modèle dépassant 160 g/km devient difficile à justifier financièrement sauf besoin particulier.

Pour les véhicules sans réception communautaire, le calcul ne se fait pas avec le CO2 mais avec la puissance administrative. En 2026, le montant va de 500 € pour 3 CV à 80 000 € pour 15 CV et plus.

Le malus masse pénalise les voitures lourdes

Le malus au poids commence à 1 500 kg en 2026. Il fonctionne par tranches marginales, ce qui signifie que chaque portion de poids reçoit son propre tarif, et non qu’un seul prix est appliqué à l’ensemble de la masse.

Fraction de la masse en ordre de marche Tarif marginal
Jusqu’à 1 499 kg 0 €
De 1 500 à 1 699 kg 10 €/kg
De 1 700 à 1 799 kg 15 €/kg
De 1 800 à 1 899 kg 20 €/kg
De 1 900 à 1 999 kg 25 €/kg
À partir de 2 000 kg 30 €/kg

Une voiture affichant 1 950 kg entraîne ainsi un malus masse de 6 775 €. Le calcul additionne 2 000 € pour les 200 premiers kilogrammes taxés, 1 500 €, 2 000 €, puis 1 275 € pour la dernière fraction.

Le total du malus masse et du malus CO2 ne peut toutefois pas dépasser 80 000 €. Une voiture déjà soumise au montant maximal de malus CO2 ne paie donc pas de supplément au titre de son poids.

Les motorisations ne sont pas traitées de la même façon

Les voitures dont la source d’énergie est exclusivement électrique ou à hydrogène sont exonérées du malus CO2 et du malus masse. Cette exonération ne signifie pas que leur poids est sans conséquence dans la pratique, car une batterie lourde peut augmenter la consommation, le prix des pneus et l’usure des freins.

Les hybrides rechargeables bénéficient d’un abattement de 200 kg sur la masse, dans la limite de 15 % du poids du véhicule. Les hybrides non rechargeables et certains véhicules micro-hybrides bénéficient d’un abattement de 100 kg. Ces réductions peuvent suffire à repasser sous le seuil de 1 500 kg.

Un véhicule équipé pour fonctionner au superéthanol E85 peut profiter d’un abattement de 40 % des émissions de CO2, sauf au-delà de 250 g/km. Le dispositif est intéressant sur certains gros moteurs, mais il faut vérifier que le véhicule est réellement homologué E85 et pas simplement présenté comme compatible par un vendeur.

Pour une voiture électrique, le coût global dépend aussi de la recharge quotidienne. Une borne de recharge à la maison peut rendre l’usage plus simple, mais son installation doit tenir compte de la puissance disponible, du tableau électrique et de la distance jusqu’au stationnement.

Familles nombreuses et véhicules importés bénéficient de règles particulières

Les foyers ayant au moins trois enfants à charge peuvent demander une réduction spécifique. Pour le malus CO2, la déduction est de 20 g/km par enfant, dans la limite d’un seul véhicule d’au moins cinq places. Pour le malus masse, la réduction peut atteindre 200 kg par enfant.

Cette réduction n’est généralement pas appliquée automatiquement lors de l’immatriculation. Il faut payer la taxe, puis demander le remboursement auprès du service des impôts avec les justificatifs nécessaires. C’est une démarche à anticiper, car le montant avancé peut être très élevé.

Pour un véhicule d’occasion importé, une décote liée à l’ancienneté réduit le montant calculé. Elle va de 3 % entre 1 et 3 mois jusqu’à 94 % entre 169 et 180 mois. Au-delà de 181 mois, la taxe devient nulle. Un véhicule importé immatriculé pour la première fois avant 2015 est également exonéré de ce malus.

Je conseille de demander le calcul complet avant l’achat, surtout pour un SUV ou une voiture sportive provenant de l’étranger. Le prix affiché à l’étranger ne comprend pas forcément le malus français, la carte grise et les frais d’homologation.

Ma méthode pour calculer le coût réel avant la commande

  1. Je relève les émissions de CO2 en rubrique V7 et la masse en ordre de marche en case G.
  2. Je vérifie la catégorie du véhicule et sa carrosserie dans les rubriques J, J1 et J2.
  3. J’applique le barème correspondant à l’année de première immatriculation.
  4. Je contrôle les exonérations et abattements liés à la motorisation, à la famille ou au handicap.
  5. J’ajoute les taxes de carte grise et les frais éventuels d’importation au prix annoncé.

Cette vérification est particulièrement importante en fin d’année. Une immatriculation repoussée de quelques jours peut faire basculer le véhicule vers un nouveau barème, même si le bon de commande a été signé plusieurs mois auparavant.

Je regarde aussi l’usage réel avant de choisir une motorisation. Une hybride rechargeable n’a d’intérêt énergétique que si elle est rechargée régulièrement. À l’inverse, une voiture électrique très lourde peut être exonérée de malus tout en restant coûteuse à alimenter sur autoroute, notamment en hiver.

Le choix fiscal ne doit pas faire oublier l’usage quotidien

Un modèle électrique évite le malus 2026, mais son bilan financier dépend du prix d’achat, de l’accès à la recharge et de la consommation. Une petite batterie dans une voiture légère peut être plus pertinente qu’un grand SUV électrique dont le poids dépasse largement deux tonnes.

En hiver, le chauffage réduit aussi l’autonomie disponible. Pour mieux préserver la batterie et le confort, je recommande de consulter les réglages liés au chauffage d’un véhicule électrique en hiver avant de comparer les consommations annoncées.

Pour une motorisation thermique, je privilégie les modèles situés juste sous les seuils de CO2 et de masse plutôt qu’une version suréquipée. Quelques options, des roues plus grandes ou une transmission intégrale peuvent suffire à augmenter le poids et à faire grimper la taxe.

Le bon réflexe consiste à chiffrer la voiture avant de la choisir

En 2026, le malus ne se limite plus aux véhicules très sportifs. Un SUV familial dépassant 1 500 kg ou une voiture émettant un peu plus de 108 g/km peut déjà être concerné.

Je retiens donc trois chiffres avant toute décision, le CO2 en g/km, la masse en kilogrammes et la date d’immatriculation. Une fois ces données vérifiées, le montant réel de la voiture devient beaucoup plus lisible et les mauvaises surprises au moment de la carte grise sont largement évitées.

Cet article a un caractère purement informatif et éducatif. Le contenu a été élaboré avec l'aide d'outils analytiques et linguistiques modernes (IA). Avant de prendre une décision, consultez un expert.

Questions fréquentes

Le malus CO2 commence à 108 g/km, avec une taxe de 50 €. Il atteint 80 000 € au-delà de 191 g/km. Quelques grammes supplémentaires peuvent donc augmenter fortement la facture.

Le malus masse commence à 1 500 kg et se calcule par tranches marginales. Pour 1 950 kg, il s’élève à 6 775 €, en additionnant les tarifs de 10, 15, 20 et 25 € par kilogramme selon chaque fraction.

Les véhicules exclusivement électriques ou à hydrogène sont exonérés des deux malus. Les hybrides rechargeables bénéficient d’un abattement de 200 kg, dans la limite de 15 % du poids, tandis que certains hybrides non rechargeables et micro-hybrides profitent d’un abattement de 100 kg.

Il faut relever les émissions en rubrique V7, la masse en case G, la catégorie du véhicule et sa date de première immatriculation. Les familles d’au moins trois enfants peuvent demander une réduction après paiement, tandis qu’un véhicule importé bénéficie d’une décote liée à son ancienneté.
Évaluer l'article

Moyenne: 4.0 / 5 · 1 évaluation

Tags

malus co2 masse hybrides importation

Partager l'article

Autor Richard Colas
Richard Colas
Je m'appelle Richard Colas et cela fait maintenant 10 ans que je me consacre à l'univers de la mobilité routière. Mon parcours m'a naturellement amené à partager mes connaissances sur cerfrejus.fr, un espace où je trouve essentiel de décrypter les enjeux liés au permis de conduire, à la sécurité sur la route et aux nouvelles formes d'écomobilité. Ce qui me motive, c'est de rendre ces sujets, parfois complexes, accessibles à tous, en m'assurant de la fiabilité des informations que je présente. Je m'efforce de structurer mes contenus pour qu'ils soient clairs, pertinents et toujours à jour, afin de vous aider à naviguer en toute confiance dans le paysage évolutif de la circulation.
Commentaires (0)
Ajouter un commentaire