Installer une borne chez soi ne concerne pas seulement le choix de la puissance ou du câble. Il faut aussi savoir quelle fiscalité s’applique en 2026, si une dépense payée en 2025 peut encore être déclarée, et quelles aides restent accessibles en copropriété ou en entreprise.
L’essentiel à retenir sur la fiscalité de la recharge électrique
- Crédit d’impôt : supprimé pour les dépenses payées à partir du 1er janvier 2026.
- Dépenses 2025 : déclarables en 2026, à hauteur de 75 %, avec un plafond de 500 € par système.
- TVA à 5,5 % : possible sur la pose, l’installation et l’entretien d’une infrastructure résidentielle conforme.
- Installateur qualifié : une qualification ou habilitation IRVE est souvent indispensable.
- Entreprise : la borne peut relever de la comptabilité professionnelle et son usage par les salariés obéit à des règles spécifiques.

Le crédit d’impôt a pris fin, mais 2025 reste déclarable en 2026
Le principal changement à retenir est simple. Le crédit d’impôt pour l’acquisition et la pose d’un système de charge a été supprimé pour les dépenses payées à partir du 1er janvier 2026. En revanche, une borne réglée intégralement en 2025 peut encore être déclarée lors de la campagne fiscale de 2026.Pour les dépenses éligibles payées en 2025, l’avantage correspond à 75 % du montant TTC, dans la limite de 500 € par système de charge pilotable. Le plafond concerne l’avantage fiscal, et non le prix de la borne. Une installation facturée 600 € ouvre donc droit à 450 €, tandis qu’une dépense de 1 800 € reste limitée à 500 €.
Quelles bornes étaient concernées
Le dispositif visait une borne installée dans la résidence principale ou dans une résidence secondaire occupée exclusivement par le contribuable. Le logement pouvait être celui d’un propriétaire, d’un locataire ou d’un occupant à titre gratuit, sans condition d’ancienneté particulière.
Depuis 2024, la borne devait être pilotable. Cela signifie qu’elle doit pouvoir programmer ou moduler temporairement sa puissance, notamment en fonction des signaux tarifaires ou du réseau électrique. Une simple prise domestique non dédiée ne suffisait pas.
Combien de systèmes par logement
Une personne célibataire, veuve ou divorcée pouvait bénéficier du crédit d’impôt pour un système de charge par logement. Pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, la limite pouvait atteindre deux systèmes.
La facture devait être établie par l’entreprise qui fournissait et installait la borne, ou par une entreprise travaillant avec un sous-traitant déclaré. Acheter soi-même le matériel avant de faire intervenir un électricien faisait perdre l’éligibilité au crédit d’impôt.
Comment déclarer une dépense payée en 2025
La dépense se rattache à l’année du paiement définitif de la facture, et non à la date du devis ou de la mise en service. Il faut conserver la facture complète, avec l’adresse du chantier, la nature des travaux, le prix de la borne et les caractéristiques techniques du système.
La déclaration s’effectue dans la rubrique consacrée aux réductions et crédits d’impôt, généralement via le formulaire 2042-RICI. Je conseille de vérifier les cases proposées dans la déclaration en ligne, car leur présentation peut évoluer, puis de garder la facture pendant toute la période où l’administration peut demander un justificatif.
La TVA à 5,5 % reste un avantage important en 2026
La fin du crédit d’impôt ne signifie pas la disparition de tous les avantages fiscaux. Pour une installation dans un logement destinée aux résidents, la TVA à 5,5 % peut continuer à s’appliquer aux prestations de pose, d’installation et d’entretien d’une infrastructure de recharge conforme.
Cette règle concerne les logements anciens comme les logements neufs. Elle n’est donc pas réservée aux maisons achevées depuis plus de deux ans, contrairement à certaines règles générales applicables aux travaux d’habitation.
Les conditions techniques à vérifier
La borne doit notamment disposer d’un connecteur ou d’un socle de type 2 conforme aux normes en vigueur. Une prise renforcée de type E, adaptée à une intensité d’au moins 14 ampères, peut aussi entrer dans le cadre prévu pour le taux réduit, selon la configuration retenue. Le professionnel doit être habilité ou qualifié pour intervenir sur une infrastructure de recharge. Sur le devis, je vérifie toujours la mention IRVE, qui désigne la qualification relative aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques. Une facture imprécise est une mauvaise base pour défendre l’application d’un taux réduit.Lire aussi : Recharge en roulant, comment fonctionne la voiture électrique ?
Un exemple concret de différence de prix
Imaginons une prestation dont le montant hors taxe est de 1 500 €. Avec une TVA à 5,5 %, le total atteint 1 582,50 €. Avec une TVA à 20 %, il serait de 1 800 €, soit une différence théorique de 217,50 €.
Ce calcul reste indicatif, car le devis peut distinguer la fourniture de la borne, les travaux électriques, le raccordement et la maintenance. Un achat séparé du matériel n’est pas automatiquement couvert par le taux réduit. Il faut donc demander une facture détaillée et vérifier le traitement appliqué à chaque ligne.
Les aides complémentaires concernent surtout la copropriété
Pour une maison individuelle, le crédit d’impôt disparu laisse principalement la TVA réduite et les éventuelles aides locales. En copropriété, le programme Advenir peut encore participer au financement de points de recharge ou d’une infrastructure collective, selon le type de bâtiment, le bénéficiaire et la nature des travaux.
Cette aide n’est pas un crédit d’impôt. Elle se demande dans un cadre spécifique et son montant dépend du projet. Une installation individuelle sur une place privative ne relève pas toujours des mêmes règles qu’une infrastructure collective alimentant plusieurs emplacements.
- faire établir le projet par un installateur référencé ou qualifié selon les exigences du programme ;
- vérifier l’éligibilité avant de signer ou de commencer les travaux ;
- déduire les primes obtenues du montant réellement supporté lorsqu’un dispositif fiscal l’exigeait ;
- conserver les devis, factures, attestations et décisions de financement.
Le droit à la prise facilite aussi l’installation en copropriété. Il ne supprime pas les contraintes techniques, le raccordement au tableau électrique ou la nécessité de répartir correctement la consommation. Sur le terrain, c’est souvent le mode de comptage de l’électricité qui crée les discussions, davantage que la borne elle-même.
Le traitement fiscal change lorsque l’employeur paie la recharge
Une borne installée sur le parking de l’entreprise ne produit pas les mêmes effets qu’une borne placée au domicile d’un salarié. Jusqu’au 31 décembre 2027, l’utilisation personnelle d’une borne mise à disposition sur le lieu de travail n’entraîne pas d’avantage en nature selon les règles sociales applicables.
La situation est différente lorsque l’employeur finance une borne au domicile du salarié. Si la borne est retirée à la fin du contrat de travail, aucun avantage en nature ne doit être calculé au titre de son installation. Si elle reste chez le salarié, des plafonds et pourcentages s’appliquent.
| Situation de la borne | Prise en charge sans avantage en nature |
|---|---|
| Borne de moins de 5 ans conservée au domicile | 50 % des dépenses réelles, dans la limite de 1 057,10 € en 2026 |
| Borne de plus de 5 ans conservée au domicile | 75 % des dépenses réelles, dans la limite de 1 585,50 € en 2026 |
| Borne installée sur le lieu de travail | Utilisation personnelle sans avantage en nature jusqu’au 31 décembre 2027 |
Pour l’entreprise, la facture doit être rattachée à l’activité professionnelle et correctement enregistrée. Une société soumise à la TVA peut en principe récupérer la taxe sur ses achats professionnels lorsqu’ils ouvrent droit à déduction, tandis qu’une entreprise en franchise en base ne récupère pas la TVA. Le traitement dépend aussi de l’usage privé, du véhicule concerné et du régime fiscal de l’entreprise.
Les erreurs qui font perdre l’avantage fiscal
La plupart des problèmes viennent moins de la borne que de la facture. Une installation parfaitement fonctionnelle peut devenir fiscalement contestable si le matériel a été acheté directement par le particulier ou si l’entreprise intervenante ne possède pas la qualification requise.
- Confondre devis et paiement : pour le crédit d’impôt, c’est la date du paiement définitif qui compte.
- Installer une prise ordinaire : elle ne répond pas aux conditions techniques d’un système de charge pilotable.
- Séparer l’achat et la pose : cette organisation peut exclure la dépense du crédit d’impôt et compliquer l’application de la TVA réduite.
- Oublier les aides déjà perçues : une prime ou une subvention peut réduire la dépense réellement supportée.
- Ne pas contrôler la facture : l’adresse, la désignation de l’équipement et les travaux réalisés doivent être clairement indiquées.
Je recommande de demander deux devis comparables, avec la puissance de charge, la longueur du câble, les protections électriques, le pilotage de la recharge, la qualification de l’installateur et le taux de TVA écrit noir sur blanc. Cette vérification prend quelques minutes et évite de bâtir son budget sur un avantage qui ne sera finalement pas applicable.
La bonne décision fiscale dépend surtout de la date de la facture
En 2026, il faut distinguer deux situations. Une borne payée en 2025 peut encore ouvrir droit au crédit d’impôt sous conditions, tandis qu’une installation payée en 2026 ne bénéficie plus de ce dispositif. Pour un nouveau projet, la décision doit donc reposer sur la TVA applicable, les aides locales ou Advenir et la qualité de l’installation.
Le meilleur réflexe consiste à faire confirmer par écrit le régime fiscal du devis avant de verser un acompte. Une borne bien dimensionnée, installée par un professionnel qualifié et accompagnée d’une facture précise reste un investissement cohérent pour l’écomobilité, même sans crédit d’impôt sur les dépenses nouvelles.